«Le jour après mes 18 ans J’ai visité tous les bureaux de recrutement dans l’espoir de me faire engager. Pour une raison inconnue ils ne prenaient plus d’engagement et me conseillèrent de me présenter à mon bureau de service militaire locale. Dans la semaine qui suivait j’avais obtenu la réponse officielle de l’Oncle Sam que j’avais rejoint les rangs.
Quand mes parents m’ont déposé à la gare j’ai vu pour la seul fois mon père pleurer.


Allan Atwell Camp Van Dorn , Miss. (USA) 08/44 juste avant son
embarquement pour l’Europe


Je me suis d’abords présenté à Camp Upton sur Long Island et puis vers le Camp Croft SC pour mon entraînement de Base. Pendant cette époque je pesais 155 lbs.Une fois pendant un combat de corps à corps j’ai du me mesurer avec un gars qui pesait près de 200 lbs. Il était coutume pendant les jets au-dessus de la hanche de raidir le corps pendant qu’on se penchait pour faire tomber l’adversaire. Il m’a pas jeté au-dessus lui et j’ai senti quelque chose claquer à l’intérieur du bas de mon ventre. J’avais une hernie hiatale côté gauche. Ceci m’est arrivé au milieu de mon entraînement de 17 semaines ce qui me donnait pas mal de soucis à ce temps et plus spécialement durant une marche de 25 miles en équipement de combat complet. .Ils m’ont opéré à l’hôpital et ceci m’a plus causé de problèmes après.

De là je suis allé au Camp Van Dorn au Missouri pour un entraînement complémentaire. Je me rappelle d’être sur la piste de tir quand la rumeur s’est ébranlé que des troupes avaient envahi les plages de la France le 6 juin. Quand l’ordre de départ était donné notre Sergent savait qu’il allait avoir le mal de mer. Ils l’ont porté à bord et n’a jamais quitté sa couchette pendant le voyage et a du être porté dehors quand nous avons accosté. J’ai eu la chance d’être assigné au paquebot Français «Mauritanie» qui était l’égal de la «Queen Mary» en vitesse et grandeur. Quand je suis monté à bord je me posais la question à quoi pouvait servir ces tonneaux de 55 gall. Mais peu après ils devenaient fort utile pour ceux qui avait le mal de mer. Maintenant que j’ai fait déjà plusieurs croisières j’ai deviné que j’avais la chance à l’époque d’avoir être cantonné dans ce qui devait être le salon du bar sur le pont supérieur.

Je n’ai jamais oublié ses pauvres diables qui se trouvaient sous la ligne de flottaison. Comme notre bateau était si rapide nous avons navigué seul et donc pas en convoi. Une nuit bien sombre nous avons entendu le message suivant: «Ceci est le capitaine, nous avons fait contact avec plusieurs sous-marins et nous allons faire des manœuvres d’esquive. A ce moment là certains ont vomis leur tripes et d’autres ont prié toute la nuit. Fort heureusement les U-boote ne nous ont pas trouvé sinon cela aurait fait une longue nage vers la maison.


Allan Atwell & Antonio Mirabito 05/ 45 Kaiserlauton (All)

Nous avons débarqué en Angleterre sur la côte Ouest pendant une nuit pluvieuse. Ensuite nous avons pris le train pendant toute la nuit jusque au lendemain matin où nous sommes arrivés sur la côte est. Ensuite nous avons pris le bateau jusqu’à la côte Française. Là nous sommes descendu de longs filets suspendu le long de la coque du navire et avons sauté dans les LCI quand les vagues montaient sur le point le plus haut .

Le jour de «Labor day» j’ai marché sur la plage d’Omaha. Il y avait toujours un tas de matériel détruit partout autours de nous. Comme remplacement j’ai poursuivi mon chemin à travers plusieurs dépôts jusque au front. J’ai vu des éléments de la 17th Airborne quand nous avons avancé. Dans la benne d’un GMC de deux tonnes et demi j’ai fais signe à un pote «Salut Bob» qui a répliqué «Salut Al» . Il s’agissait de Robert Campbell mon futur beau-frère mais à cette époque on le savait pas encore. J’ai essayé d’obtenir une permission pour le rejoindre mais elle m’a été refusé.

Quand on s’est approché du front j’ai été affecté à une compagnie de fusiliers de la 28-ième division d’infanterie. C’était une ancienne division de la garde nationale de Pennsylvanie avant d’être fédéralisé.

Je remercie Dieu que le secteur était calme mais quand nous regardions le «no man’s land» pendant la nuit cela faisait travailler énormément notre imagination.

Un jour un camarade et moi-même devions remettre un rapport vers notre QG de bataillon.

Il faisait beau et très chaud quand nous avons traversé un grand champs ouvert quand un obus de 88 s’est encastré a quelques distances avant nous . Il nous avait raté, c’est tout ce qu’on pensait à ce moment là quand un deuxième s’est éclaté derrière nous. Si vous avez déjà vu les petits bonhommes de dessins-animés s’encourir avec des petites jambes , je crois bien que nous ressemblions à cela quand on s’est encouru. D’abords vers un côté puis vers l’autre coté.
Le troisième n’est jamais venu vu que vous pouvez lire maintenant ces quelques lignes. Pendant cette période j’étais affecté au corps de garde du bureau de finances de notre division.

Durant une nuit sombre où nous étions tous autour d’un bunker Allemand abandonné nous faisions la conversation et racontait d’où on venait. Quand c’étais mon tour je racontais que je venais de New York. Puis quelqu’un demandait de quel localité. J’ai disque ce n’étais pas la ville mais l’état. La même voix me demandait de quel côté et je lui répondit:«Elmira». Le gars persistait et demandait «d’où ça?» et je lui répondit: «ben pas vraiment Elmira mais une petite localité tout près qui s’appelle Breesport. Quel quartier il me demandait et il s’est avéré qu’il s’agissait de Fred Allen qui habitait juste à côté de moi dans «Neva in Erin».
Etonnant que des milliers de kilomètres éloigné de la maison je tombe sur un gars qui habite de quelque kilomètres de chez moi.


Allan Atwell regarde au-dessus les «dents de dragon» de la Siegfriedline 03/45

En Novembre l’hiver faisait son entrée avec de la boue, de la neige et des températures en-dessous de zéro.Pendant la bataille de la forêt de Hürtgen j’ai vécu à l’extérieur dans n’importe quoi qui pouvait m’abriter. En journée mes pieds restaient mouillés et la nuit il gelait. A la fin j’avais des pieds de tranchée, sans plus aucune sensation dedans. Comme le secteur était calme je me suis présenté à l’infirmerie. Ils m’ont aussitôt évacué vers un hôpital de campagne à Spa dans le 4th Convalescent Hospital entre 24/11/44 et le 13/12/44. C’étais une ancienne caserne de la cavalerie Belge.

Je me trouvais sur un lit avec mes pieds qui dépassaient de la couverture. Si ils devenaient noirs il fallait les amputer parce qu’il n’y avait pas de traitement. Un jour ils m’ont aidé à me mettre debout sur une table où un médecin enfonçait une aiguille dans mes orteils pour prouver que je ne ressentais plus rien dedans. Quand j’y pense maintenant je crois plutôt qu’il s’agissait d’un séminaire pour médecins justement pour exposer ce genre de problème.
Pendant cette période les Allemands lançaient leurs bombes volantes sur l’Angleterre. Il n’y avait pas grand chose à contrôler sauf qu’ils allaient vers l’ouest. Ils faisaient un drôle de bruit et on les voyait cracher une longue flamme. Tout ce qui nous intéressait c’est qu’ils continuait leur chemin!!

Le 16 Décembre...
 La bataille des Ardennes!

L’hôpital était évacué de tout ceux qui pouvaient marcher. J’ai été envoyé vers Bastogne comme fusilier de remplacement. Mais quand j’avis atterri à Neufchâteau on m’ demandé si je ne voulais pas devenir MP. J’ai cru que c’était mieux que fusilier donc j’ai accepté. Je n’ai jamais reçu une formation pour devenir MP mais à l’époque notre plus gros souci était des Allemands déguisés en Américain qui changeait les panneaux de direction et qui semaient la confusion générale. Pour cela il n’y avait pas vraiment de mots de passes mais on posait plutôt des questions que uniquement des vrais Américains pouvaient répondre comme les noms de joueurs de base-ball, demander dans quel état situait tel ville ou tel fleuve. Une jeep par exemple avec des caches de black-out sur les phares aurait été une bonne raison de le soumettre à un contrôle plus approfondi. J’avoue que c’était un peu terrifiant car je n’avais encore jamais du affronter des Allemands dans des tels conditions. Nous on en a jamais attrapé d’ailleurs. Pendant cette période j’ai vu passer le général Patton dans sa veste de mouton retourné et ses pistolets sertis avec des perles. Peu après venait VE day avec un ticket retour vers la maison. Quand le VJ day était annoncé j’étais juste en permission . La ville d’Elmira était vraiment fou ce soir là.


Allan Atwell monte la garde devant le Bureau de Finance Régimentaire Niedming (All) 03/45

J’en remercie Dieu car récemment j’ai appris que la 28th ID était prévu pour participer à la troisième vague d’assaut pour envahir le Japon. Ils étaient bien retranché et auraient battus jusqu’au dernier.
Ndr.(Allan vient seulement d’apprendre qu’il aurait du participer avec la 28-ième à l’assaut du japon dans le cadre du plan avec nom de code «Downfall»)

La guerre était terminé et nous avons été démobilisé assez vite. J’étais en service pendant un an aux Etats-Unis et un an outre-mer. Un mois après ma démobilisation j’ai été contacté pour une sollicitation par Warren Skinner qui vivait en face dans la rue qui travaillait pour la NYTEL Co.»

PFC Allan P. ATWELL 32945174

28th MP Platoon

28 ID

Allan P. Atwell a travaillé ensuite comme câbleur dans la NYTEL Co. jusqu’en 1985 quand il a pris sa retraite. Il travaille encore de temps a autre pour des petites firmes comme des cabinets d’avocats ou de médecin. Il a été aussi pendant 50 ans un pompier volontaire à Jonesville et a une collection impressionnante de camions de pompiers. Il collectionne également des badges de pompiers pour une vitrine d’expo à sa caserne.
Allan est toujours marié et a eu trois fils, deux filles, deux petites-filles et deux petits-fils jumeaux.


William Bull, Richard Baker, Allan Atwell aujourd’hui

Allan a recipendié une Bronze Star, Purple Heart, Good Conduct Medal et European Campaign avec 4 Battle Stars.

Rédaction: Alex Vossen

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